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| | Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] | |
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Sam 22 Oct - 22:46 | |
| Journée ordinaire au centre, où je travaille depuis presque son ouverture. C’est un projet auquel j’ai directement adhérer quand j’en ai eu vent. J’ai accepté facilement mon don, parce que j’avais mon père pour me soutenir et me guider du mieux qu’il le pouvait. Je ne suis pas du genre à nier ou cacher mes capacités mutantes, mais cela ne veut pas dire que je les utilise de manière ostentatoire. Mais je n’ai pas honte de ce que je suis et ne le nie pas. J’assume assez bien, surtout maintenant que je maitrise mon don en grande partie. Néanmoins, j’ai conscience que tous ceux affectés par le virus n’ont pas reçu l’aide ou le soutient nécessaire. Et je sais ce que cela peut être lourd de porter un secret en silence et de mentir ouvertement au monde entier. De plus, j’ai toujours voulu aider les autres. Je me voyais médecin, enfant, prête à aller à l’autre bout du monde pour sauver des vies dans des régions instables… Finalement, je n’ai pu finir mon cursus universitaire en médecine. Je me suis rabattue vers l’enseignement. Et le HAC est le lieu parfait pour moi venir en aide à d’autres. Je peux les comprendre, étant comme eux, et les conseiller pour qu’ils s’acceptent et évoluent positivement avec leur mutation. Et c’est ce que je compte faire avec Millie Marsh.
La jeune femme a mon âge et est arrivée au centre récemment. Elle ne semble pas encore très à l’aise aussi lui ai-je proposé un entretient personnel. J’espère réussir à la mettre en confiance et à la connaitre un peu. Je pourrais plus facilement l’aider si j’en sais plus sur elle. Je me doute que ce sera du donnant - donnant et il ne me gène nullement de parler de mon expérience personnelle. Je ne connais pas la teneur de son don. J’ignore ce dont elle est capable, n’ayant jamais eu à l’aborder jusque maintenant. J’espère qu’elle ne se fermera pas trop à la conversation. D’apparence, Millie est une jeune femme assez secrète et qui se livre peu. Elle observe et semble être plus que marquée par sa vie. Et je sais combien on peut vivre des choses compliquées et marquante durant son enfance…
J’ai donné rendez-vous pour une conversation privée à Mademoiselle Marsh dans une des salles du HAC à une heure où presque plus personne n’arpente les couloirs. Je me suis installée près de la fenêtre, que j’ai ouverte pour profiter de la fin de journée. J’ai face à moi le dossier de Millie et un bloc note ainsi qu’un stylo. J’ai aussi une bouteille en plastique d’eau et un verre dans lequel j’ai versé de l’eau. Je me concentre sur le contenu du récipient et réussi à en faire sorti l’eau. Je glisse un doigt sur la table en bois, traçant un chemin serpentant, que suit le filet d’eau. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Par jeu, je transforme l’eau en petit nuage de buée, avant de la refaire chuter dans le verre. Je relève les yeux et observe l’heure. Tiens, la demoiselle a 5 minutes de retard. C’est à ce moment-là qu’on frappe à la porte et que mon regard dévie. Je prends un air amicale avant d’inviter à entrer.
« Entre Millie… » Je lance d’une voix relativement forte. La porte s’ouvre presque de suite et apparait dans embrasure une jeune femme à la chevelure brune et au regard foncé, qui me fixe avec curiosité et méfiance. Je fais un geste de la main pour l’inviter à venir prendre place face à moi. J’en profite pour effacer les traces de mon petit jeu d’avant son arrivée. Hésitante ou méfiante, elle avance lentement sans me quitter des yeux avant de prendre place face à moi, mais relativement loin.
« Je t’ai convoquée pour que l’on puisse faire connaissance et voir ce que tu attends du HAC. Garde à l’esprit, que tu n’as qu’à me dire ce que tu souhaite, rien en t’oblige à me répondre, d’accord ? » J’annonce d’une voix douce et rassurante, offrant un sourire amical à la jeune femme. Après tout, je ne suis là que pour l’aider et je ne le ferais bien que si elle se sent à l’aise. |
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Dim 23 Oct - 12:37 | |
| J’ai passé ma journée au HAC aujourd’hui, j’ai un emploi du temps chargé quand on y pense, je dois aller au HAC pour améliorer le contrôle de mon pouvoir, je dois aller au centre de désintoxication pour me débarrasser de la drogue et je travaille, je suis une personne très active quand on y pense et finalement j’aime cela, les jours où je n’ai rien à faire sont les jours où je rechute dans la drogue, car mon esprit n’est plus occupé, c’est dans ces moments-là que je ressasse mon passé.
Je me sens nerveuse, vous devez vous demander pourquoi ? Madame Callaghan m’a convoqué aujourd’hui et je ne sais pas ce qu’elle me veut, j’ai un peu peur, mais je dois me rendre à mon rendez-vous, sans doute est-ce en rapport avec mon pouvoir, j’ai besoin de savoir ce qu’elle a à me dire.
En ce moment, je suis inquiète, je n’ai pas de nouvelle de Sam depuis quasiment deux semaines, je lui ai envoyé des messages, j’ai laissé des messages vocaux, aucune réponse de sa part, j’espère qu’il va bien et qu’il ne m’en veut pas de ne pas être présente pour lui en ce moment, j’ai toujours été présente auparavant, désormais avec le HAC, le centre et le boulot, je n’ai plus beaucoup de temps pour moi, cela me fait du bien, comme je l’ai déjà dit, j’ai l’esprit occupé, cela m’évite de penser à mon manque, mais je suis par conséquent une sorte de fantôme pour Sam, il a de mes nouvelles uniquement par téléphone, je ne l’ai pas revu depuis que je suis rentré en désintoxication et il me manque.
Je me rends donc à mon rendez-vous, je suis déjà en retard, je n’ai pas l’esprit tranquille et c’est en étant angoissée que je vais voir madame Callaghan. Je frappe, j’entends qu’on me demande de rentrer, ce que je fais sans attendre, je la vois face à moi, je n’ose pas avancer, je suis méfiante comme toujours, c’est une personne du HAC, je devrais être rassurée, mais non. Elle me demande de m’installer ce que je fais sans grande conviction.
« -Bonjour Madame Callaghan. »
Puis elle entame la conversation. Elle tente de me mettre à l’aise et cela fonctionne plus où moins.
« -D’accord. »
Je la regarde sans réellement savoir quoi lui dire, je suis un peu perplexe, l’impression de passer un entretien d’embauche, je me lance néanmoins.
« -Je suis ici pour apprendre à mieux contrôler mon pouvoir. Je suis télépathe, au début, quand j’étais stressée, j’entendais les penser de tout le monde, je n’arrive pas à faire abstractions de cela, maintenant j’y arrive, de temps en temps je perds ma concentration et m’isole pendant quinze minutes afin de reprendre ensuite mon travail normalement ou mes emplettes sans passer pour une folle. »
Je ne savais pas ce qu’elle attendait comme réponse de ma part. Je suis au HAC, je lui parle donc de mon pouvoir, ma vie elle n’a pas besoin de la connaître finalement, je finis par me détendre un peu, attendant que Madame Callaghan me parle à son tour, je lui fais un petit sourire, lui faire comprendre que je me sens un peu plus à l’aise en sa présence.
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Dim 23 Oct - 22:15 | |
| Les choses me paraissent plus évidentes aujourd’hui que je maitrise mon don et que j’ai appris à m’accepter. Ou plutôt à accepter la mutation. Cela ne veut pas dire que je n’éprouve aucune colère et rancœur pour ceux qui sont responsables de ce que je suis devenue. Mais mon père m’a fait comprendre que cela ne changeait en rien la personne que j’étais. Il a été d’une aide plus qu’appréciable et nécessaire. Il m’a calmée, trouvé un endroit calme et aidé du mieux qu’il pouvait et selon ses possibilités. Je n’ai appris que plus tard que mon frère ainé souffrait du même virus que moi, quand j’ai eu la chance de rencontrer les fondateurs du HAC. Ils m’ont appris beaucoup et ont été étonnés de ma détermination à aider mes semblables. C’est surement pour cela que quand le centre a ouvert, ils m’ont proposé de venir les aider. Je sais aussi que le HAC n’est pas forcément bien vu. C’est pour cela qu’il est important que des « mutants » y travaillent, pour prouver que c’est de l’aide qu’on apporte et rien d’autre. Et puis qui mieux qu’un des nôtres peut comprendre et aider un novice ?
C’est dans cette optique-là que j’ai convié Milly Marsh a un entretient en privé. Je pense qu’entre Mutantes et femmes du même âge, nous arriverons mieux à aborder le sujet qu’en grand groupe. Surtout pour elle qui ne prend presque jamais la parole et semble se méfier de tout le monde, même au centre. Je n’ai pas encore eu l’occasion de l’aborder franchement, et j’espère que ma démarche portera ses fruits. Je sais que je peux paraitre insolente et trop curieuse par moment. Il ne manquerait plus que je la braque et qu’elle se ferme comme une huître ! Je serais fine avec cela… Il va me falloir y aller en douceur et avec patiente, sans lutinerie comme j’ai l’art de le faire pour amuser la galerie. Je n’ai pas à cacher mes ténèbres, juste à me concentrer sur mon travail sans en faire des tonnes comme toujours. Et je sais être naturelle quand il le faut et quand je laisse de côté le rôle que j’incarne.
Finalement, elle arrive et toque à la porte. Je la convie mais elle n’entre pas totalement dans la pièce. Milly m’observe, m’analyse sur ses gardes. Ce n’est que quand je fais un geste, qui l’invite à venir s’installer, qu’elle avance plus dans la pièce, s’exécutant assez rapidement. J’ai l’impression qu’elle veut me renvoyer une image positive d’elle-même. Mais elle ne semble guère plus motivée que cela, c’est plutôt une élève docile qui vient voir son professeur avec appréhension d’avoir fait une bêtise… Étrange comme image qui me vient là, sachant que nous avons le même âge.
« Bonjour, as-tu passé une bonne journée? » Je demande, histoire de me montrer amicale et de briser un peu la glace.
Après un bref silence, je lui annonce le contenu de notre entretient : faire connaissance pour commencer et découvrir ses attentes par rapport au HAC. Et donc voir comment nous pourrons l’aider au mieux. Elle approuve d’un simple mot avant de réfléchir. Finalement, elle aborde son don, comme je m’y attendais un peu. J’écoute avec attention, sans vraiment la lâcher des yeux. C’est donc une télépathe.
«Depuis combien de temps ton don s’est-il manifesté ? » Je questionne. «J’ai conscience de la difficulté que maitriser quelque chose d’inconnu, représente. Je suis passé par là et je compte t’aider au mieux à contrôle ta télépathie. Tu peux m’expliquer comment s’est manifesté ton don au départ et en quoi il consiste réellement. Je veux dire là tu peux lire mes pensées ? Mais ce que je pense ou bien même mes souvenirs ? »
J’avoue être un peu curieuse sur ce coup-là. Mais j’appréhende difficilement ce que l’on peut mettre derrière le mot télépathie en réalité. Et sans savoir dur d’être efficace. Elle m’offre un sourire de toute évidence rassurée par le contenu de la conversation…. J’imagine qu’elle doit cacher un secret lourd et sombre, comme tout le monde finalement. |
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Lun 31 Oct - 14:07 | |
| Tout le monde cache quelques choses, c’est dans les gènes humains. On a tous nos secrets, des choses qu’on ne veut pas partager, qu’on ne veut pas dévoiler sur nous, parce qu’on en a honte, parce que cela nous fait encore beaucoup de mal de ressasser le passé. J’ai moi-même beaucoup de mal à vivre avec mon passé, les gens ont soit de la pitié envers-moi, ils peuvent aussi être totalement insensible à mon histoire, en expliquant que mes choix n’étaient pas les plus judicieux, que j’ai fait la conne et que c’est entièrement de ma faute, ils ont sans aucun doute raison. Chaque individu apprend à vivre avec son passé, qu’il soit joyeux ou triste, il faut qu’on avance malgré tout, avec nos choix, même si, les choix que nous faisons ne sont pas forcément les meilleurs, ce sont les conséquences de la vie qui vous poussent bien trop souvent dans de mauvaises directions.
Nous faisons tous, des erreurs de parcours, de mauvais choix, ce n’est pas une raison pour blâmer qui que ce soit, chacun vis sa vie du mieux qu’il le peut, chacun tente de survivre dans un monde totalement fou, sans aucune pitié, où le pouvoir de l’argent et la folie des hommes poussent trop souvent à des choses catastrophiques, les guerres mondiales et maintenant, les mutants. La bêtise humaine est énorme, on ne peut rien contre, les humains sont faibles et sentent le besoin permanent de tout diriger, le pouvoir, la richesse, pour la plupart des humains, c’est ça le bonheur, mais savons-nous réellement ce que c’est d’être heureux ? Les gens les plus simples et les moins demandant sont heureux, ils vivent avec leurs moyens, ils ont des familles et ça leur suffit pour être heureux, mais ils sont peu nombreux à penser ainsi finalement, si nous comptions l’intégralité des personnes vivantes sur terre, il y aurait un faible pourcentage de personnes heureuses.
La survie pour tous, voilà c’est quoi la vie, on tente tous de survivre parmi les autres, sans avoir réellement le choix. Nous sommes tous différents, avec nos qualités et nos défauts, certaines personnes sont affreuses, intolérantes, égoïstes, mais d’autres sont tellement gentils, attentionnés, toujours prêt à aider son prochain, ils sont rares, mais ils sont bien présent, je vois le HAC ainsi, des gens gentils qui veulent aider leurs prochains. Ils le sont tous, même si je reste très méfiante, mon passé m’a rendu méfiante, car les gens qui étaient les plus proches de moi se sont avérés violent, fou, méchant et d’autre aveugle parce qu’il avait peur et qu’il ne voulait pas connaître la vérité.
«-J’ai passé une bonne journée dans l’ensemble merci. »
Il fallait désormais que je lui raconte ma vie, je n’avais pas envie de rentrer dans les détails, en parler ne m’aider pas, ça ne m’aidait pas en désintoxication et ça ne m’aiderait pas d’en parler ici, le fait d’en parler ne fait que remuer le couteau dans la plaie, je préfère faire sans.
«-Mon pouvoir est apparu il y a trois ans maintenant, au décès de mes parents. A l’hôpital je me suis mis à entendre les pensées des infirmières, je me suis pas rendu compte toute de suite, que j’étais télépathe, je pensais que c’était l’après coup de tout ce qui s’était passé. Puis petit à petit c’est devenu un vrai brouhaha dans ma tête, je suis donc partis de l’hôpital pour rentrer chez moi rapidement pour tenter de me calmer, effectivement ça s’est apaisé, puis dés que je me retrouvais dans des lieux publics ça recommençait, je me suis isolée pendant un moment pour tenter de le contrôler, ça n’a pas était évident, puis j’ai connu le HAC et je suis ici. »
C’était les grosses lignes, je n’étais pas rentrée dans les détails, j’estimais que cela ne servait à rien. M’étaler sur ma vie ne me ressemble pas, je n’aime pas cela, les gens n’ont pas tous besoin de savoir tout ce qui s’est passé dans ma vie, j’ai pas envie d’en parler et j’en parlerais jamais, en tout cas pas à des professionnels, le seul qui connaisse ma vie par cœur, c’est Samaël, le seul et l’unique, il me comprend mieux que n’importe qui, il connaît ma vie dans les moindres détails, il est responsable de beaucoup de chose, le fait que je vienne au HAC, le fait que je sois en centre de désintoxication, il veut m’aider et je veux lui faire honneur, il m’a tellement apporté après tout ce qui s’était passé, il veille sur moi comme jamais personne ne l’avait fait avant.
«- Je lis les pensées, je suis incapable de voir l’avenir ou le passé des gens, enfin je ne pense pas, leurs souvenirs sûrement, s’ils le pensent, il faut vraiment que les gens pensent. Je ne suis pas médium, je suis télépathe. C’est ça mon pouvoir, je ne sais pas s’il peut évoluer, je ne sais pas ce que cela pourrait donner, peut-être que je pourrais voir le passé des personnes qui m’entourent, à vrai dire je n’en sais rien, sinon je ne serais pas ici. »
Si je savais beaucoup de chose sur mon pouvoir effectivement je ne serais pas au HAC.
«- Je peux savoir pourquoi vous vouliez me voir exactement ? Personne n’a d’entretien individuel pour rien, on fait beaucoup d’activité de groupe, j’aimerais comprendre. »
Je restais assise face à elle, attendant désormais qu’elle prenne la parole à son tour.
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Jeu 3 Nov - 17:56 | |
| Il y a peu de chose sur le passé de Milly dans son dossier. Pourtant, je ne compte nullement l’interroger sur le sujet. J’imagine que si elle en a dit très peu sur ce sujet en s’inscrivant, c’est qu’elle avait une raison valable. Moi-même, j’ai très rarement mentionné mon enfance. Parler de mon père biologique, avec qui depuis mes 18 ans, j’entretiens une correspondance et une relation père –fille enrichissant ne pose aucun problème. Mentionné que ma mère m’a eu avec son amant et donc que même si je m’appelle Callaghan je n’ai pas été éduquée par lui, non plus. Décrite ma petite ville, mon frère cadet et ma sœur ainée est déjà un peu plus compliqué par contre, surtout parler d’Eléonore. Par contre, je n’ai jamais parlé à personne du suicide de mon ainée qui est parait-il le choc responsable de ma mutation. Non, même si je peux avouer à voix haute sans honte être une « mutante » et être pouvoir jouer avec l’eau, je reste incapable de mettre des mots sur un de mes plus grands regrets. Erwin avait raison le jour où il m’a craché au visage que tout était de ma faute, que la mort de notre sœur était de ma faute. Si j’étais restée près d’elle, les choses auraient été différentes. Je savais comment on vivait à la maison. Je savais de quoi était capable nos parents. Je savais quel enfer s’était… mais trop heureuse de partir, de réaliser mon rêve et avec l’espoir de finir vite mon cursus pour les sortir tous deux de là, je n’ai pas vu la détresse et la souffrance de ma frangine. Et elle n’est plus. Et malgré les années, la douleur reste aussi vivace, la haine que j’éprouve pour moi-même et mon inconscience aussi. Rien n’a jamais pu atténuer les cauchemars, la peur que j’avais et les remords quant à sa mort. Je n’ai pas eu l’enfance joyeuse et facile que je prétends avoir connu aux yeux de tous. Bien sur, j’ai toujours été ce petit lutin mêle-tout et rieur, mais cela n’a jamais été que la façade qui cachait mes pires secrets et mes angoisses. Et aujourd’hui encore, c’est derrière ce masque heureux et souriant que j’enterre mon réel ressenti et tout ce qu’il y a de plus noir en moi. Personne ne sait. Personne ne saura probablement jamais. Alors oui, je comprends que Milly n’a pas dit certaines choses. De toute manière, je ne compte pas la forcer à se confier, je ne suis pas psychologue. Je suis ici pour aider en représentante mutante. Mon rayon serait plutôt la maitrise des dons et l’encouragement, que la thérapie.
Milly est maintenant installée face à moi, de l’autre côté de la table. Mes doigts tapotent sur le bois légèrement, silencieusement. J’ignore encore où nous mènera cet entretient en privé. J’ai juste pensé qu’elle aurait plus facile à s’ouvrir dans un tête-à-tête que dans nos exercices de groupe journaliers. C’est quelqu’un de très fermé et discret, qui observe plus qu’elle ne participe. Elle doit avoir ses raisons. Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour aider. J’essaye par une question de pure politesse de la détendre un peu. Question banale sur sa journée, qui semble avoir été bonne. Ce qu’il y a d’étrange dans notre dialogue, et de manière général ici au HAC, c’est que je ne suis guère plus vieille que les « élèves », voire même parfois plus jeune. Mais tous mes donne du « madame » et me vouvoient respectueusement. Je suppose que j’ai eu de la chance de pouvoir découvrir rapidement mon don et d’apprendre à le maitriser. Et comme je fais partie du staff’ du HAC pour eux je suis une enseignante avant d’être une jeune femme de leur âge. Logique en somme. J’essaye d’en savoir un peu plus sur son don. Elle me répond de manière assez concise mais précise. Je remarque qu’elle évite de s’attarder sur sa famille, mais d’un autre côté ce n’est pas ce qui m’intéresse. Le but du centre est d’aider à développer et canaliser sa mutation. J’écoute avec beaucoup d’attention ce qu’elle m’explique et prends de note au vol. Je n’y connais vraiment rien en télépathie. Si elle avait eu un don qui toucher les éléments, cela aurait peut-être été plus facile pour moi de l’aider spontanément.
Étrangement, je constate que le déclencheur chez elle aussi est la mort d’un membre de sa famille. Monsieur Prince m’a expliqué qu’il fallait un choc pour que la mutation se manifeste. C’est lui aussi qui m’a expliqué d’où cela venait. Elle m’explique ensuite sa peur face aux voix qu’elle percevait et bien sure, comment elle avait réagi en s’isolant. De nouveau, je remarque qu’elle a eu le même comportement que moi, et de beaucoup de gens comme nous : un repli sur soi loin des autres et une frayeur immense de ce que l’on est devenu. Et puis du temps, pour comprendre un minimum et gérer ce que l’on devient et qui bouleverse notre vie. Après, il faut voir si on s’accepte ou non, si on accepte le regard des autres pas toujours évidents ou non. J’ai conscience que si je m’assume si bien c’est en partie grâce à mon père et aux fondateur du HAC. Après une légère pause, elle enchaine sur le contenu exact de son don. Je redouble d’attention. La fin de sa phrase me fait sourire encore plus. Quelque part, elle est logique mais me signifie gentiment que ma question était stupide façon de voir, que je dis.
«Il faut parait-il un choc psychologique ou émotionnel pour que la mutation se déclare. Bien sur chez les personnes vaccinées. Pour tous, c’est effrayant au départ, ses possibilités nouvelles et incontrôlables qui se produisent on ne sait pas trop comment et qui peuvent créer bien des dégâts. » J’explique lentement, même si je me doute qu’elle doit savoir. Ma main droite rapproche le verre d’eau de moi. «Je vois, je comprends un peu mieux ton don. Rien ne prouve qu’il ne puisse encore évoluer si tu le contrôle correctement et t’entraine. Les dons ont la fâcheuse tendance à être exponentiels avec le temps. Au final, on peut être étonné de ce que l’on peut faire. Mais il faut contrôler avant. »
Je me concentre légèrement et l’eau de nouveau quitte le verre pour cascader sur la table. Le liquide cristallin serpente vers ma main et forme une flaque. Je me concentre et l’eau se transforme légèrement en petits cristaux de glace. J’en prends un en main et lui montre avec un sourire.
«Aquakynésie. Au départ je ne pouvais qu’attirer l’eau, ce qui était quand même ennuyant pour mes canalisations … Mais avec du temps et de la patiente, de l’entrainement on peut évoluer si on le souhaite. Aurais-tu envie de mieux contrôler et développer ton don ? »Je questionne en remettant les morceaux de glace dans le verre et avec un peu de concentration en plus, et l’eau redevient liquide. Elle finit par me poser une question à laquelle je réponds rapidement : « Parler. J’ai remarqué qu’aux travaux de groupe tu écoutais mais ne participais pas forcément. Alors j’ai pensé qu’un entretient privé serait plus facile pour toi et constructif. »
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Dim 6 Nov - 13:45 | |
| Il est vrai que la découverte de mon pouvoir me faisait peur, je n’étais pas à l’aise avec lui, je ne savais pas comment gérer les choses, j’avais tellement mal quand je n’arrivais pas à me concentrer que de me retrouver entouré de monde m’étais insupportable, c’était un vrai calvaire, j’appréhendais chaque fois ce qu’il allait pouvoir se passer. Il est difficile de contrôler quelque chose dont on ne connaît pas l’origine, on ne sait pas pourquoi cela arrive, il faut se renseigner car personne n’est préparé à ce pouvoir, c’est comme vous donner une nouvelle identité, c’est dure de s’adapter.
Le HAC m’avait beaucoup aidé pour le contrôle de mon pouvoir, je pouvais me retrouver en public sans problème désormais, il m’arrivait encore de perdre le contrôle, mais c’était devenue moins fréquent quand même, je revivais si on peut dire les choses ainsi et je sais que le HAC y est pour beaucoup dans tout ça. Je ne me voile pas la face, mais il arrivait à m’apprendre sans connaître le pourquoi du comment et cela me suffisait amplement, je ne voyais pas mon intérêt à parler durant les cessions de groupe, j’écoutais ce que les autres avaient à dire, et j’apprenais de tout ce qu’on m’expliquer sans que j’ai besoin d’ouvrir la bouche et de parler, c’est tellement plus facile pour moi, si les gens ne savent pas.
Au thérapie au centre de désintoxication, je n’ai pas le choix de parler si je veux ne plus y aller, c’est donnant, donnant, je parle et il me redonne ma liberté, un jour je n’aurais même plus besoin d’y retourner et pour que ce jour arrive, je dois être coopérative, sinon, je serais pour toujours une droguée qui ne peut pas s’en sortir, car trop lâche, ce qui n’est plus le cas désormais, j’ai des moments de rechutes et je ne l’ai ni pas, il y en aura encore d’autre, mais à un moment où un autre je m’en sortirais, car je ne lâcherais jamais prise.
L’entretient que j’appréhendais temps, finalement ne me fait plus peur, elle veut simplement qu’on parle de mon pouvoir, alors nous parlerons de mon pouvoir et de rien d’autre. J’essaye de temps à autre d’imaginer ce que mon pouvoir pourrait donner dans l’avenir, ce que je pourrais faire, s’il va évoluer comme l’être humain évolue, tel un enfant qui grandit et devient adolescent, puis un adolescent qui devient adulte et ainsi de suite. Qu’est-ce que je serais capable de faire dans 20 ans ? J’avais hâte de le savoir, même si m’accepter au début avait été difficile, je commençais, à prendre les choses du bon côté, je ne voyais plus tout noir en entendant certaine personne, j’avais réussi à faire abstraction de moi, finalement je n’étais pas un cas isoler et je m’en étais sortie vivante, il fallait que j’aille de l’avant, c’était vital, ça allait me prendre beaucoup de temps, mais j’allais finir par y arriver.
Elle m’explique ce qu’est son pouvoir, l’aquakynésie, je souris en la voyant jouer avec l’eau de son verre, c’est magnifique comme don, faire qu’une avec un élément vital, pouvoir le contrôler à sa guise. C’est un beau don.
« -Oui, je veux contrôler et apprendre de mon pouvoir, je suis certaine qu’il me cache encore des choses. Je me suis faite à l’idée d’être différente des autres et je le vis bien. Je n’ai plus de soucis avec lui, il fait partie de moi, c’est ainsi. »
Je souris, il y avait eu beaucoup de progrès et je l’avais moi-même remarqué. Puis la remarque qui suivit, me rendis sérieuse, je n’avais pas la mine triste, j’étais simplement redevenue sérieuse.
« -J’arrive à apprendre sans parler où uniquement ce que j’ai besoin de savoir et ce que je ne comprends pas, je ne pense pas que cela soit un réel problème pour mon apprentissage, sans vouloir t’offenser, je ne dis pas que notre entretien ne va servir à rien, mais je ne pense sincèrement pas que mon entretien soit nécessaire pour ma progression. Sauf si vous avez des choses à m’apprendre personnellement, dans un tel cas, je vous suis toute ouïe. »
Je lui fis un sourire, je ne voulais pas qu’elle le prenne mal, je voulais simplement être honnête envers elle, j’espérais qu’elle ne le prenne pas mal d’ailleurs, je n’ai rien contre elle, bien au contraire, c’est quelqu’un de calme et de rassurant, elle dégage quelque chose qui vous apaise toujours, elle est douce et compréhensive, elle a très bien choisi sa voix.
« -Comment vous avez découvert votre don ? »
La question était venue toute seule, je n’avais pas réfléchis avant de parler, ma curiosité était trop grande, j’avais envie de savoir ce qui lui avait fait déclencher son pouvoir, ce qui l’avait poussé à venir aider les autres dans ce centre.
« -Désolée si la question est indiscrète … »
J’attendais désormais une réponse de sa part.
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Sam 19 Nov - 10:30 | |
| Je peux comprendre ce par quoi elle est passée en découvrant son don. J’avoue qu’au départ la peur était ce qui dominait chez moi. Je ne maitrisais pas cette capacité inconnue. Involontairement, sans même savoir pourquoi ni comment d’ailleurs, j’attirais à moi l’eau. Étrange sensation qui parcourait mon corps tout entier, des ondes qui me traversaient jusqu’à la pointe de mes doigts et puis le liquide qui venait à moi, comme un métal attiré par un aimant. Les verres se brisaient, parfois les canalisations en résistaient pas à l’attraction involontaire que j’exerçais sur le liquide les parcourant. J’ignorais comment je faisais, ni pourquoi j’avais ce don… Il m’a fallu du temps pour faire le lien entre l’aquakynésie et mes émotions. J’ai alors remarqué qu’une émotion trop forte, négative ou positive, influençait de manière considérable l’attraction que j’avais sur le liquide cristallin. Avec l’aide de mon père biologique, que j’avais appelé au secours une fois capable de me contenir un minimum pour sortir, j’ai appris à gérer mes émotions et surtout mon don. C’est involontairement que j’ai développé après coup son étendu et ses effets. Si je considère avoir accepté ma mutation, l’assumer et la gérer, je reste consciente que si je devais recevoir un choc ou perdre le contrôle de moi-même je serais capable de… De quoi exactement ? Aucune idée. Mais surement plus qu’un verre brisé. Hors les sentiments sont le propre de l’Humain et nous traversent continuellement. Aussi j’essaye d’éviter les situations qui me rendrait euphorique réellement, tant soit peu que je peux l’être vraiment et non en sur jouant, ou les colères intenses et destructrices. Aussi, si au HAC j’aide les autres, je sais que je continue d’apprendre sur ma mutation en parallèle. Parce que je reste persuadée qu’au niveau de ce genre de don, on apprend toute sa vie.
Mon but premier en me proposant comme animatrice, ou que sais-je comme terme approprié pour mon travail ici, était bien sur d’aider mes semblables comme j’avais été aidée. Je savais ce qu’on ressentait quand n découvrait sa mutation, comment on devait vivre cette découverte et la gérer au mieux. Je connaissais la peur de soi-même, de ce qu’on était capable de faire et des autres, de leur regard qui pouvait nous étreinte. Je suis assez bien placée pour les comprendre, ces autres « mutants » qui viennent chercher de l’aide au HAC. Je désire les soutenir comme mon père m’a soutenue. Mais j’ai conscience de ne pas encore tout savoir à ce sujet-là. Certes, je suis comme eux. Mais je continue d’apprendre aussi, notamment comment gérer mes émotions et avoir une maitrise totale de l’aquakynésie. Je développe aussi cette capacité à jouer avec l’eau sous toutes ses formes dans le but de voir jusqu’où cela peut aller et avec quelles conséquences sur mon corps et esprit. On apprend toute sa vie, comme dirait le sage.
Lentement, j’amène Milly à s’ouvrir sur sa mutation et à me l’expliquer. Sa vie en elle-même ne m’intéresse guère, pas que je suis insensible à ce qu’elle a pu vivre, mais parce que je sais que parfois on préfère rendre le change que de montrer la personne qu’on est réellement. On a tous eu des parcours différents, faciles ou non, et ils nous ont marqués et modelés tel que nous sommes aujourd’hui. Et pour cela je ne peux rein faire de concret pour elle. Je ne suis pas psychologue après tout, juste une mutante qui pense pouvoir l’aider avec son don. Si toutefois elle accepte de parler et de s’ouvrir bien sur. Et pour la mettre en confiance, je lui démontre que je suis comme elle : différente. Je fais une petite démonstration de ma capacité et lui explique qu’on peut faire évoluer d’une certaine manière nos mutations. Je suppose qu’il y a une limite ou un prix au niveau physique à payer, mais je ne peux nier qu’on sait évoluer ni le taire aux autres. C’est un risque après tout que l’on prend en travaillant sur son don. « C’est bien, s’accepter est surement la première étape et al plus difficile. Je pense que si on renie ce qu’on est, alors on entre en conflit avec notre don et on se détruit lentement. Néanmoins, je crois que le plus compliqué est justement de comprendre ce qu’on est devenu et d’accepter cette différence. C’est un bel avantage si tu as déjà accepté cela et ne vois plus ta capacité comme négative. Je pense qu’alors tu pourras peu à peu mieux l’appréhender, la comprendre et la gérer. Et surement développer cela aussi. » J’explique en répondant à son sourire. Ensuite elle enchaine sur son mutisme, et m’explique sa manière de voir les choses que je respecte. «Pas spécialement, comme dit je ne veux que t’aider. Si tu juges l’entretient inutile tu peux y mettre fin quand bon te semble. Mais si tu pense que tu apprends, même en ne prenant pas la parole, alors oui effectivement c’est une perte de temps pour toi. Le but premier était de connaitre tes attentes et de t’offrir un espace de parole, au cas où les travaux de groupe te fermeraient à la discussion. Je suis contente de voir que tu te sens bien au HAC et que ton silence n’est pas lié à une timidité ou peur. »Elle semble sure d’elle et déterminée, aussi je en désire nullement abuser de son temps. Si elle désire partir, libre à elle de le faire. Pourtant, elle reste assise et attend patiemment. Et puis, elle m’interroge à son tour. Il est vrai qu’en équipe je réponds à leurs questions sur ma mutation et mon parcours. Mais jusqu’à présent personne ne m’avait demandé ce qui l’avait provoquée chez moi. L’image qui me saute aux yeux est le corps sans vie d’Eléonore que j’ai découvert ce jour-là en rentrant. Une foule de réminiscences liées à ma sœur et au clavaire qu’a été notre enfance à la maison me revient. Les disputes violentes de nos parents me traversent l’esprit, les coups et insultes aussi. Je ne me rends même pas compte que je fixe dans le vide la table et que j’ai perdu mon éternel soupire. Je revois aussi le regard haineux d’Erwin et sa phrase assassine sur ma responsabilité et mon égoïsme… Tout ce que je cache en général et ne laisse exploser que quand je suis seule me prend à la gorge et tourne dans mon esprit. Mes pensées sont focalisée sur cela et je peine à les repousser dans l’inconscient où elles devraient rester le jour, comme habituellement. Une larme roule sur ma joue, doucement et lentement, je sens son contact tiède et je l’essuie. Ce n’est que quand elle reprend la parole pour s’excuser, que je réalise que je me suis perdue en moi-même. Je papillonne des yeux et secoue légèrement la tête pour me recomposer ce masque amical et joyeux qui ne me quitte jamais en général. Je rends le change, je joue à la jeune femme souriante et heureuse, comme je le faisais enfant pour ne pas être séparée de ma sœur et mon frère. Je me recompose avant de fournir une réponse évasive, ne désirant pas mentionner mon ainée, ni son… sa mort et ma découverte. Je ne parle jamais de mon passé, à personne pas même mon père biologique. « Euh en fait j’ai … perdu quelqu’un que j’aimais… Et mon don s’est déclaré quelques jours plus tard. » Je réponds d’une voix qui se veut aussi neutre et douce que d’habitude, bien que tremblante un peu. Je me force à sourire et me recompose une expression. « Souvent il faut un choc pour que la mutations ‘active, comme dit. La raison reste inconnue, c’est juste la variable nécessaire en plus du vaccin bien sur. »| Spoiler: | | | Désolée Topine du temps d'attente ....  |
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Lun 21 Nov - 11:48 | |
| Je suis là dans ce bureau à parler avec Rebecca. Nous ne sommes pas si différente quand on y pense et toutes les personnes ici ont plus ou moins la même histoire. S'il fallait que je raconte mon histoire à quelqu'un se serait à Sam, mais il n'est pas là, il n'est plus là. J'ai l'impression chaque jour de le perdre un peu plus, il me manque cruellement, j'aurais besoin de ses bras le soir pour m'endormir comme avant, j'aimerais qu'il m'embrasse sur le front pour me rassurer tout en me serrant fort dans ses bras, chaque soir j'y pense et mes yeux ne peuvent retenir les larmes qui viennent inonder mes yeux.
Petit retour en arrière pour mieux comprendre.
Sam a été et est toujours la personne qui me connaît le mieux, celle qui sait tout de ma vie. Je me souviens de la première fois où nous avons abordé le sujet de mon père. Il est entré dans une rage folle ...
« -Milly que se passe t-il ? Tu as l'air tellement triste, je ne t'ai jamais vu ainsi. »
« -Ce n'est rien Sam, des histoires de coeur ... »
Je sens alors les larmes venir couler le long de ma joue.
« -Ne me prend pas pour un idiot ma belle. Je serais au courant si tu avais une histoire de coeur à me raconter. Aller, tu sais que tu peux tout me dire. »
A cet instant précis, j'ai senti mon coeur s'emballer, j'avais tellement peur de lui raconter la vérité, mais je sentais au fond de moi que si je ne le faisais pas, je finirais par mourir. Des images me revenaient et je commençais alors à lui raconter ma vie.
« -Je vais te raconter Sam, je suis prête à le faire, mais s'il te plaît ne m'interrompt pas. » Je prends une grande respiration et commence mon histoire. «-Je suis terrifiée la nuit, je n'arrive pas à dormir, je guette chaque soir son arrivée, dès qu'elle est absente ... Il me tue chaque jour un peu plus. Je me souviens de la première fois. C'était le soir de mon anniversaire, ma mère avait promis de venir me voir aussi rapidement que possible, elle travaillait tard et n'avait pas pu venir pour le fêter avec moi. J'étais seule à la maison avec lui. Il me battait tu sais, je reçois des coups chaque jour, il me hait et veut m'anéantir... » Je marque une pause, mon coeur s'emballe un peu plus, mes yeux s'emplissent de larme, ma voix devient tremblante, revivant chaque second de ma vie. « - Il est entré dans ma chambre ce soir-là, il m'a rué de coup, comme à chaque fois, cette fois-ci était différente ... Il ... Il m'a sorti du lit violemment, ma tête a heurté le sol fortement, j'étais presque inconsciente sur le sol... » Je reprends une grande inspiration, mes larmes tombent les unes après les autres et plus j'avance dans mon récit, plus j'ai mal ... « -J'étais dans les vapes, mais je sentais ce qu'il me faisait sans pouvoir intervenir ou me défendre ... J'ai senti ses mains sur mon corps, chaque fois qu'il me touchait, il me frappait par la suite, comme si j'étais responsable de ce qui se passait ... Mon père me bat depuis mon enfance et quand je suis rentrée dans l'adolescence cela ne lui a plus suffit, il me faisait payer le prix cher... J'avais l'impression d'être responsable de tout ça ... Il disait que je l'obligeais à me désirer, que tout était de ma faute ... Chaque fois qu'il est entré dans ma chambre ... »
Je fonds en larme, c'est trop pour moi, il doit sans doute comprendre ce qu'il s'est passé. Je n'ai pas eu besoin de lui dire qu'il me violait, il l'avait compris seul, c'est à ce moment-là qu'il me prit dans ses bras pour la première fois, me berçant, me rassurant.
« -Tu n'y est pour rien ma belle ... Je suis tellement désolée de n'avoir jamais rien vu. Il va le payer je t'en fais la promesse ! »
Je me redresse et le regarde fixement dans les yeux.
« -Tu ne feras rien du tout, ta parole contre celle d'un flic, c'est perdu d'avance, il est respecté ici, tout le monde lui mange dans la main, on ne peut rien faire contre ce type. Je t'en supplie ne fait rien, promet moi que tu ne feras rien ... »
« -C’est impossible Milly ! »
« -Sam, si tu fais quoi que se soit, il finira par me tuer … Il ne risquera pas de tout perdre à cause de toi et de moi … Et il finira par avoir gain de cause … Il est flic et aide tout le monde ici. Il est très respecté, on ne peut rien faire contre lui...»
« -Je peux pas te laisser comme ça … »
Je me redresse et lui montre la cicatrice que j’ai sur les côtes.
« -J’avais 10 ans quand il m’a poussé dans les escaliers, c’est la première fois de ma vie ou j’avais le courage de lui dire que j’allais tout raconter à ma mère, il m’a poussé dans les escaliers, je me suis cassée deux côtes et une des côtes à transpercé ma chaire … Il est hors de question que tu parles, car c’est moi qui le payera, je vis sous son toit… Soit simplement là, je te promet de partir vite de cette maison … »
Il ne savait pas que je me droguais pour oublier et ne plus sentir les coups et la violence de cet homme. Il ne le savait pas encore, mais plus tard je lui ai avoué, le soir où je l'ai tué ... Sam m'a simplement prit dans ses bras, me faisant promette de m'en sortir, je ne mettais jamais senti autant en sécurité que blottit contre lui, les yeux fermés, je recommençais à rêver d'un avenir meilleur. Quelques jours plus tard mon pouvoir apparaissait.
Je regardais Rebecca, j'essayais d'être souriante, mais je perçus ses émotions, je ressentais son chagrin, j'étais prise d'une empathie totale envers elle, chose que je ne comprenais pas, j'ai entendu de vague pensée, des morceaux de ses pensées.
« -Je ressens ce que vous ressentez ... Si je reste silencieuse dans ses réunions, c'est certes que j'arrive à apprendre en écoutant simplement ... J'écoute ce qu'il raconte tous et j'entends ce qu'ils pensent tous, ce qu'ils ressentent, comme pour vous en ce moment, pourquoi dresser cette barrière ? Vous êtes là pour nous aider, nous pouvons vous aider aussi ... »
Je ne voulais pas entendre ou ressentir ce qu'elle ressentait en ce moment, ce n'était pas volontaire de ma part, je n'en faisais pas exprès. Je sentais son chagrin, bien qu'elle tentait de le cacher, je sentais toute cette tristesse l'envahir alors qu'un faux sourire illuminait son visage.
« -Est-ce que vous voulez en parler ? »
Je ne savais pas comment agir dans ce genre de situation, j'avais fait abstraction de tout ce qui avait été dit, tout ce qu'elle avait pu me demander ou dire, je l'avais entendu, mais je ne réagissais pas dessus. Le silence refit son apparition, je restais là sans dire un mot m'approchant du bureau doucement pour poser ma main sur la sienne.
« -Je comprend ce que vous ressentez, je suis désolée ... »
J'avais tellement peur que cela la perturbe, savoir qu'une jeune femme comme moi pouvait percevoir tout de la personne avec qui elle converse et quelque chose qui peut faire peu et aussi révolter, ce n'était pas ce que je voulais faire, je voulais simplement lui venir en aide, je savais qu'elle pouvait m'aider, tout comme moi je pouvais l'aider. |
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Ven 2 Déc - 19:07 | |
| L’ambiance dans la pièce est assez détendue. De toute évidence, j’ai réussi à établir un certain climat serein qui permet à Milly de parler librement. Je le laisse décider de ce qu’elle peut bien vouloir me raconter. Elle joue le jeu mais selon ses envies et règles. Et comme je ne désire que l’aider, je suis le sens qu’elle nous impose. Elle ne parle que de son don et je respecte ce choix. J’évite de parler de ce qui a déclenché le virus en moi et de mon passé. Même à mon père biologique qui pourtant se montre prévenant et toujours là pour moi, je n’ai rien dit de ce que j’avais vécue enfant. Personne ne doit savoir. C’était notre mantra à tous les trois, petits, parce qu’on avait peur d’être séparé si on nous retirait de notre famille… Et que je n’aurais pu vivre sans ma sœur et mon frère. Ce sont les ténèbres qui m’emprisonnent et qui m’étouffent. Mais je sais les dissimuler habilement derrière mon masque souriant et mon attitude de clown. Je fixe Milly, essayant d’éviter mes pensées de se tourner vers mon passé. Me le remémorer c’est ne plus pouvoir tenir mon image joyeuse. Alors je repousse très loin dans mon subconscient. J’y repenserais, plus tard, quand je serais seule chez moi et que je pourrai relâcher la pression que je maintiens quand je suis en dehors de mon refuge sécurisant.
«Je vois. Si cela t’aide, c’est bien. Après tout, nous apprenons tous de manière différente. » Je réponds avec un vague sourire qui s’éteint suite à la fin de sa phrase. Je plisse le nez et la regarde sérieusement. Là, elle s’aventure sur le mauvais terrain de conversation. «On m’a aidée, quand j’en ai eu besoin. Bien avant le centre et que quelqu’un pense à se mobiliser d’ailleurs. Je suis ici pour aider à mon tour. »
Mon ton est plus froid et aucun sourire n’étire mes lèvres en ce moment. Je déteste qu’on effleure mon passé d’une manière ou d’une autre. Il n’y avait qu’avec Eléonore et Erwin, et encore on évitait d’en parler pour ne pas ressasser. Mais ils savaient, ils vivaient le même que moi. Aucun besoin de mot avec eux, nous étions en symbiose. Mais depuis, je n’ai plus jamais mentionné ma vie avec personne. Question de confiance ? Honte ? Remords ? Espoir d’oublier ? Un peu de tout surement, même si repousser continuellement ne m’aide pas à surmonter tout cela. Néanmoins, je ne force personne à parler de son histoire au HAC et j’en attends de même des personnes le fréquentant. J’appelle cela le respect. Et jamais je ne raconterais mon passé, ni ce que j’ai pu vivre ou voir. Cela ne concerne que moi et ne représente que mon incapacité à avoir bien agi. Je me force à chasser mes pensées au loin alors qu’elles reviennent d’elles-mêmes. Le corps de ma sœur ainée… Les cris de mes parents et leurs disputes violentes… Les gifles et punitions souvent physiques injustes, qui nous tombaient dessus sans raison… La peur… La déception et la tristesse dans les yeux de ma sœur quand j’ai quitté la maison… La haine et le dégoût dans ceux d’Erwin quand il m’a craché que tout était de ma faute et qu’il ne voulait plus me voir. La culpabilité et la haine que j’éprouve envers moi-même d’avoir été la cause de son suicide… Je sers les dents pour empêcher les larmes de rouler, une seule m’échappe que j’essuie bien vite. L’eau dans le verre tournoi dangereusement. Je dois me contrôler et me ramener au calme. J’inspire profondément et me force à retrouver le sourire, à éteindre la lueur noire de mon regard. Sa question ne me prend pas de court, pas vraiment.
« Non ! » La mot claque dans le silence dans la pièce et est sans appel.
Le silence s’installe à nouveau et je le trouve rassurant. Je papillonne des yeux pour en chasser les dernières larmes et recomposer mon regard chaleureux et amical que tous me connaissent. Elle s’approche je le sens. Mes yeux se posent sur le verre où l’eau est à nouveau calme et immobile. J’ai récupéré un certain contrôle sur moi et mes émotions. Je sursaute quand sa main entre en contact avec la mienne et j’ai un vague mouvement de recul. De surprise je reporte mes yeux clairs sur elle, qui essaye de se montrer gentille et serviable. Je grimace légèrement à sa phrase, ma main toujours emprisonné par la sienne, contact sensé être rassurant. Mais hormis ma fratrie et parfois mon père biologique, personne ne me touche. Le contact physique m’est étrangement difficile, s’il sort des politesses d’usage en dehors du cercle familial. Sauf que je me sens prisonnière, incapable de tout gérer en ce moment.
« Alors ça j’en doute ! On ne peut pas être désolé pour quelque chose qu’on ignore… Et le sujet n’est pas mon passé, mais votre don. » Je tente vainement de ramener sur un terrain neutre notre conversation. |
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Dim 4 Déc - 12:29 | |
| J’entendais tout ce qu’elle pensait, tout ce qu’elle ressentait, je compris rapidement qu’on avait les mêmes souffrances, elles n’étaient pas en tout point identiques, mais nous avions un passé plus ou moins similaire, je ne voulais pas la mettre en colère, je ne voulais pas non plus la mettre mal à l’aise, je me doutais que c’était difficile d’en parler, je n’arrivais pas à le faire moi-même, déjà dans le groupe de soutien c’était pas évident et je ne disais pas tout, je disais simplement les choses évidentes, mais personne ne sait que j’ai tué mon géniteur, mon père, j’ai des difficultés à dire le mot père, je n’arrive pas à le considérer comme tel, il ne représentait rien pour moi, il était simplement la personne qui avait ruiné ma vie et à cause de qui j’étais là aujourd’hui.
Je ne disais plus un mot, je ne savais plus quoi dire. Je n’avais rien à dire, j’entendais tout ce qu’elle pensait, elle tentait en vint de dissiper ce qu’elle ressentait, mais c’était impossible, la douleur était trop présente, la tristesse au bout de ses cils, les remords trop présent, je gardais le silence, je ne pensais pas à mal, je voulais simplement parler, en savoir plus sur elle, si j’avais su que cela se passerait ainsi, je n’aurais rien dit.
Je devais absolument me faire pardonner, lui faire comprendre que je ne voulais pas.
« -Excusez-moi. Je ne voulais pas… »
C’était pitoyable, j’étais pitoyable, comme toujours, Sam m’aurait sûrement mit une gifle pour me remettre les idées en place. Puis il me vint une idée et si je lui racontais mon histoire, elle comprendrait peut-être, elle m’en voudrait sans doute moins, elle verrait que je peux comprendre ce qu’elle ressent.
« -Je comprends ce que vous ressentez, j’ai un passé douloureux, comme beaucoup de personne ici, enfin je pense… Mon père m’a battu et violé pendant des années. Un soir j’ai eu le courage de l’affronter et je l’ai tué. Je l’ai fait passer par la fenêtre, il ne s’est jamais réveillé, il est mort à l’hôpital. C’est ce soir-là que mon pouvoir est apparu. »
Je revivais cet instant, je revoyais le regard de ma mère, complètement désemparée par ce qu’il venait de se passer, elle n’a jamais voulu croire ce que je lui ai raconté, mais devant les juges, elle niait tout. Heureusement qu’il m’avait bien marqué, les bleus que j’avais sur le corps avaient joué en ma faveur, mais ma mère ne m’a jamais plus regardé de la même façon.
« -Ma mère a toujours ignoré ce qu’il s’est passé, elle n’ a pas supporté la vérité, elle me l’a fait comprendre, elle me regardait avec tant de haine, je ne savais pas ce que j’avais fait pour mériter cela, j’étais devenue une droguée durant toutes ses années passé au côté de cet homme infâme, j’avais beaucoup souffert et la seule personne que je voulais à mes côtés me regardait avec de la haine, me tenant responsable de son malheur, elle a mit fin à ses jours, je m’en veux, si j’avais eu le courage de le dénoncer avant, sans doute que ma mère serait encore présente, peut-être n’aurais-je jamais pris de drogue, je ne serais pas dans votre bureau aujourd’hui et je serais dans les bras d’un garçon qui me manque éperdument aujourd’hui. Je ne dis pas que nos histoires sont exactement les mêmes, je dis juste que je vous comprends, je ne veux pas parler de ce qu’il s’est passé dans ma vie, car cela ne m’aide pas à avancer, j’ai simplement toujours aussi mal chaque fois que j’en parle, c’est marqué à vie dans mes trippes, je hais cet homme, il a prit tout ce qu’il y avait de plus chère dans ma vie, ma dignité, mon enfance, mes rêves et ma propre mère qui m’aura regardé comme une étrangère jusqu’à son dernier souffle. Je ne me sens pas mieux d’en parler et je comprends que mes remarques est pu vous faire du mal, je vous pris sincèrement de bien vouloir m’excuser, je ne contrôle pas toujours mon don et j’ai parlé sans réfléchir… »
Je baissais le regard, je n’osais plus affronter le sien, je venais de me livrer entièrement pour la deuxième fois de ma vie, mais cette fois-ci c’était à une parfaite inconnue. J’aurais aimé disparaître à cet instant, je me sentais tellement mal. Je sentais les larmes me monter, il allait falloir que je fasse face désormais et je ne m’y étais pas préparé.
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Sam 10 Déc - 8:55 | |
| Les vannes de mes souvenirs se sont ouvertes et je suis noyées sous les réminiscences d’un passé qui reste ma foi toujours bien trop présent à mon esprit. J’ai l’habitude pourtant. Chaque soir quand je rentre chez moi, quand je referme la porte et me retrouve seule, tout me revient. Mais à ce moment ce n’est pas grave. Je suis seule, je peux me laisser aller à pleurer et à me lamenter sur mes erreurs passées impardonnables. Pas ici ! Pas avec quelqu’un ! Personne n’a jamais eu à voir cette face-là de moi avant aujourd’hui. Jusqu’à présent j’ai toujours parfaitement rendu le change, passant pour la gentille lutine joyeuse que rien ne pouvait démotiver et toucher, ou presque. Et là je me sens m’effondrer. Je me sens faible et perdue. Cependant je lutte, au mieux et je mets toutes mes forces pour chasser les images qui m’envahissent, pour sécher mes larmes et reprendre ce visage doux et souriant que tous me connaissent. J’inspire et j’expire, dans l’espoir de calmer au moins mes tremblements et de ramener une voix sereine et digne de l’image que j’aime renvoyer. Je m’accroche désespérément à cela, à être une jeune femme sans histoire avec toujours le sourire, serviable. Celle qu’on imagine sans problème et avec un passé tout rose. Comme certains me l’ont parfois dit. C’est ma manière à moi de surpasser et d’avancer, de continuer à vivre avec mes remords et cette souffrance atroce qui est vrillée à mon âme. Ma sœur me manque et je n’aurais plus jamais l’occasion de lui dire combien je l’aime, combien elle était importante pour moi et que je voulais la sortir de là. Mon frère me hait, je sais cela mérité. Quant au reste, j’essaye d’assumer mon passé de famille chaotique et de cacher ce que fut réellement ma vie d’enfant, entre terreur et blessures.
Le silence s’installe dans la pièce et envahi tout. Il n’a rien de réconfortant. Je le trouve lourd. Dans le verre et la bouteille en plastique, l’eau bouillonne, tournoie et menace de s’échapper. Il me faut regagner un minimum de contrôle sur moi-même. J’inspire et expire à nouveau lentement. Je réprime un sanglot et arrive à canaliser une partie de mes sentiments. Je me demande si c’est la tristesse ou la colère qui est responsable du mouvement du liquide cristallin dans son récipient. Mais peu à peu, l’eau redevient calme. Je constate en lançant un bref regard à Milly qu’elle me fixe, peinée. Elle doit avoir eu accès à mes pensées, volontairement ou involontairement. Un frisson parcourt mon corps et je me fige. Elle sait. Elle sait ce que même mon père biologique malgré son amour paternel et son aide n’a jamais su, ce que je n’ai jamais dit même à ma meilleure amie… Ce que personne hormis Eléonore et Erwin savaient aussi. Le fameux secret à ne jamais divulguer est involontairement partagé. Je retiens un gémissement plaintif et porte ma main à ma figure pour chasser les larmes qui roulent toujours sur mes joues. La jeune femme s’excuse et je fais un vague signe de la tête. J’aime à croire qu’elle ne l’a pas fait volontairement, que c’est un accident. Et d’après ce qu’elle m’a dit et que je relis sur mes notes malgré ma vue brouillée, c’est surement le cas. J’inspire une bouffée d’air et me force à me détendre, tentant de ramener mon sourire.
Après de longues minutes, Milly reprend la parole et me raconte son histoire. Je relève surprise la tête. N’était-ce pas elle qui disait préféré ne rien dire et apprendre en écoutant ? J’avais cru comprendre qu’elle était du genre à garder pour elle son passé, comme moi. Cependant, je l’écoute, lui accordant toute mon attention pour chasser au loin les souvenirs qui me reviennent en boucle. Elle me résume sa vie, ne donnant que les grandes lignes. Je peux constater que son passé n’est guère plus facile que le mien. À nouveau elle s’excuse et je ne trouve rien à lui dire. Je ne peux pas lui en vouloir pour quelque chose qu’elle ne maitrise point. En fait, c’est surtout à moi que j’en veux, d’avoir été incapable de tenir mon rôle habituel et si connu. Elle baisse les yeux et semble perdue et très triste. Je ressens son malaise. Je dois dire quelque chose, faire quelque chose avant qu’on ne fonde toutes les deux en larmes… Mais quoi ?
« C’était notre secret à Eléonore, Erwin et moi… » Je commence d’une voix peu assurée et hésitante. J’inspire profondément avant de me lancer. Il n’y a pas mort d‘homme, enfin de femme plutôt. Si elle m’a résumé son passé, je peux en faire autant en guise de bonne foi. « Personne ne devait savoir ce qui se passait à la maison. On savait que si on en parlait, alors on serait séparé. Et on ne le voulait surtout pas. On se protégeait tous les trois d’une certaine manière… Il était impossible de savoir quand ça allait mal tourné, ils aimaient se disputer. C’était surement leur manière de communiquer. Je savais que j’étais en partie responsable, je représentais l’infidélité de ma mère à son époux… Mais pas eux. Pourtant ils s’en prenaient autant que moi. Aujourd’hui, Eléonore, ma sœur ainée, n’est plus là… Elle s’est … Enfin je l’ai découverte en revenant de l’université au moment des fêtes de fin d’années. C’est après son … son enterrement que l’aquakynésie s’est manifestée… Erwin ne veut plus me voir. Il n’a pas tord quand il dut que tout est de ma faute, à cause de mon égoïsme. Je m’en veux de n’avoir rien fait pour elle, alors qu’elle avait toujours été là pour moi… Aujourd’hui je n’ai plus de contact qu’avec mon père biologique, que j’ai rencontré peu avant la mutation. Je ne pense pas qu’on est responsable des actes de nos parents. Toi comme moi on n’a juste pas eu la chance de naitre dans une bonne famille et on a eu pour parents des gens qui n’auraient jamais dû l’être. Je ne t’en veux pas… Sache que je comprends ton silence, aprce que je ne parle jamais de mon vécu, pas même à mes amis proches. En fait, c’est la première fois que je l’évoque. »
Lentement je tends la main et vient serrer la sienne en guise de réconfort. Je lui adresse un léger sourire. Je la comprends un peu mieux même si on ne peut pas vraiment comparé nos histoires. |
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Fiche d'identité Ton âge: 25 ans Côté coeur ça donne quoi?: Il bat bien merci =) Y a quoi dans ta tête?: Normalement des neuronnes =P  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Ven 23 Déc - 9:15 | |
| En écoutant le récit de Rebecca, je me voyais, dans une situation différente, mais avec la même tristesse, le même chagrin, sans doute les mêmes-regrets, je ne sais pas, je sais que je ressentais beaucoup de peine, le fait d’avoir raconter mon histoire, d’avoir entendu la sienne, c’était un moment fort en émotion, je n’avais pas l’habitude d’en parler, il faut dire que j’y pense très souvent, mais je n’en parle jamais, Sam connaît cette histoire par cœur, il connaît les moindres lignes, mais personne d’autre que lui ne connaît cette histoire en détail, je ne vais pas me venter d’avoir tuer mon propre père aussi pourri était ce personnage, ce n’est pas quelque chose qu’on raconte à tout le monde, c’est intime, douloureux. C’est pour cette raison que je comprends très bien mon interlocutrice, je sens toute la tristesse dans sa voix, j’aimerais tellement pouvoir lui venir en aide, mais que faire ? Personne n’a jamais réussi à retirer la tristesse que je ressentais tout au fond de moi, même en parlant de mon histoire, je sais que personne ne pourra changer le passé, comme personne ne pourra ramener la sœur de Rebecca, la seule chose qu’on pourrait faire c’est parler à son frère, mais je ne le connais pas et je ne pense pas que se soit à moi de faire cette acte surtout si cela tourne mal, je ne voudrais pas être responsable d’une nouvelle blessure et aussi, comment réagirait-elle, si je lui amener son frère ?
On ne peut pas prévoir ce qui se passera, on peut juste tenter de vivre avec son passé, apprenant de nos erreurs, bien que Rebecca n’avait strictement rien à se reprocher, elle n’avait rien fait de mal, l’entendre dire que le comportement de son frère était normal m’indignait, comment avec tant de souffrance une personne pouvait la juger responsable de ce qui c’était passé, elle n’y était strictement pour rien, elle n’a jamais rien demandé à personne, la fautive c’est sa mère, sa relation extraconjugal, rien avoir avec elle, les véritables fautifs sont ses parents, ceux qui n’ont pas compris qu’un enfant était avant tout une personne qu’on choient, une personne qu’on aime, qu’on dorlote, qu’on câline, elle n’a pas demandé à venir au monde, on lui a imposé ce choix, il ne faut pas rejeter sa faute sur quelqu’un d’autre, surtout sur un petit être aussi fragile qu’un enfant.
Ayant subi un traumatisme à cause de mon père violent et de ma mère absente, je sais que si un jour j’ai des enfants, je n’aurais pas du tout le comportement que mes parents ont eu à mon égard, je ferais tout pour protéger ce petit être, je ferais tout pour qu’il soit heureux et qu’il vive la plus belle vie possible, je ferais tout pour lui offrir tout ce que je n’ai pu avoir dans ma vie, je lui souhaite simplement de rencontré les bonnes personnes, comme j’ai eu la chance moi de les rencontrer ses personnes, Sam, Rebecca en faisait partie aussi, se sont ses gens là qu’il faut avoir dans son entourage, des gens gentils, honnêtes, présents et adorables.
Alors qu’elle termine son récit, je sens sa main venir prendre la mienne, j’ai les yeux qui pleurent je n’arrive pas à m’en empêcher, je sais que je dois me montrer forte, mais par moment c’est difficile, entendre son histoire et avoir raconté la mienne, font que le moral n’est pas présent et que la tristesse envahi mon âme. Je pense que le silence c’est installé à ce moment précis dans la pièce, je gardais le visage baissé, je me taisais, je ne savais quoi lui dire, puis après quelques second de calme, je pris enfin la parole, dans un ton doux et rassurant.
« -Vous n’avez rien à vous reproché, vous n’avez rien fait de mal, personne ne vous a donné le choix de venir ou non sur cette terre, on vous a imposé votre naissance et vous ne pouviez pas prévoir ce qu’il s’est passé, je suis vraiment désolée… »
Je m’excusais d’avoir mis ce sujet sur le tapi, je m’en voulais de lui avoir fait parlé de cela, je m’en voulais d’avoir raconté mon histoire, même si ce n’était que les grandes lignes, mais cela me fit prendre conscience d’une chose, elle et moi avions beaucoup en commun.
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Fiche d'identité Ton âge: 24 ans Côté coeur ça donne quoi?: Indéfini Y a quoi dans ta tête?: Le trouble et la peur  | Sujet: Re: Première rencontre et premières impressions [Milly Marsh] Lun 2 Jan - 16:48 | |
| Je m’apaise peu à peu, ramenant un certain calme en moi. Je ne regarde pas Milly, évitant ses yeux perçant. Je suis encore en partie plongée dans mes souvenirs et le peu que j’en ai dit. Je ne me sens pas plus légère, juste plus fragile et vulnérable. Pourtant je pense qu’elle peut vaguement comprendre ce que j’ai vécu. D’après ce qu’elle ‘ma raconté, son enfance fut aussi douloureuse que la mienne. Elle aussi a connu des parents violents et dépourvu d’amour. Elle ne m’a pas expliqué en détail ce par quoi elle est passée. Néanmoins cela ne me rend pas la tâche plus facile, c’est avec difficulté que je parle de mon frère et de ma sœur. Je n’arrive pas à dire comment Eléonore est morte, ce qui s’est passé réellement. Tout ce que je sais c’est que je n’avais pas vu à quel point ma sœur ainée allait mal, et que c’est moi qui l’ai découverte. Je porte la responsabilité de sa mort et de ses souffrances. Si ma mère ne m’avait eu, peut-être que la vie aurait été meilleur pour ma fratrie. En moi se mêlent les remords de n’avoir pu offrir la vie promise à ma sœur et mon frère, ainsi que la tristesse et la souffrance de mon enfance. Tout me revient en mémoire et de nouvelles larmes menacent de rouler sur mes joues blanches, alors que je réponds à Milly. Je vais jusqu’à mentionner la colère et la haine d’Erwin, qui refuse de me revoir. Mais comment lui en vouloir ? Je suis cause de son malheur et quand il a eu besoin de moi, j’étais absente à cause de la mutation. Je comprends qu’il refuse de me voir. Et je l’accepte du mieux que je le peux. Je ne cherche pas la consolation ou la pitié de la jeune femme, juste je m’explique. Elle a abordé son passé, aussi j’en fais de même.
Je fixe l’eau redevenue calme dans le verre, mes pensées n’en restent pas moins chaotiques. Erwin, mon petit frère, qu’est-il devenu ? A-t-il pu faire des études et quitter le toit parental ? Ou bien y vit-il toujours ? Je ne nierais point qu’il me manque et que je m’inquiète encore pour lui. Pourtant quand j’y pense, c’est ce regard haineux et noir, sans appel, qui me revient en tête en premier et non sa tête de petit garçon adorable. Un soupire passe les lèvres et je ferme quelques secondes les yeux, essayant vainement de faire le vide. Étrangement parler de tout cela ne me soulage pas et me rend encore plus triste que je ne l’étais avant. Je sais que je devrais me recomposer un visage neutre et souriant, cette expression de joie qui ne me quitte presque jamais. Mais j’ai un peu de mal à retrouver cette expression si commune qui agace bien souvent. Là, je suis la Beccy effondrée qui se replie sur elle-même dans le noir et qui se sens ronger par les ténèbres. J’ai perdu ma famille. Enfin pas exactement, la seule chose positive ressortie de tout cela est que j’ai pu rencontrer mon père biologique. Lui a été heureux de pouvoir enfin me parler. Il s’est occupé de moi comme un vrai père, bien tardivement ceci dit, mais il a été là. Je lui dois beaucoup. Il est la seule réelle famille qu’il me reste. Depuis je ne me suis plus vraiment attachée aux autres, à part Clayton. Lui a quelque chose de spéciale que je trouve attirant et agréable. Avec lui, le contact passe bien. Il y a d’autres personnes avec qui je m’entends bien sur, mais je montre rarement cette face déprimée et brisée de moi à mes proches. Nul n’a à savoir… Mais mon secret m’a échappé. Bien que je suis persuadée qu’elle n’en parlera pas. Tout comme je ne mentionnerais jamais ce qu’elle m’a confié. Question de respect et de compréhension mutuelle.
Je lui sers légèrement la main. Quel tableau devons-nous offrir à un observateur externe, celui de deux âmes en peines et de pleureuses. Le silence s’installe et aucune de nous ne le brise. Il est confortable et rassurant. Les larmes cascadent silencieusement sur mes joues. Milly pleure aussi mais a la tête baissée et me cache donc son visage blême. Je ne lâche pas sa main. Finalement, Milly reprend la parole et je relève mes yeux sur elle pour l’observer, papillonnant des paupières pour en chasser les larmes.
« Je sais… Mais si j’étais restée, je sais qu’Eléonore serait encore là…. L’égoïsme n’a pas d’excuse. » Je réplique d’une voix tremblante et brisée. « Toi non plus tu n’as rien à te reprocher, tu n’es responsable de rien. Je suis désolée de t’avoir imposé mon … mes problèmes. »
J’ignore comment ramener le calme et faire oublier ce passage désastreux de notre conversation. Je la fixe et tente un sourire amical. |
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